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Les bêtes noires des géants

La Société pour les peuples menacés (SPM) attendait ça depuis sept ans. Sept ans de campagnes et de rapports, au Pérou notamment, qui portent leurs fruits: Metalor Technologies SA, entreprise de raffinage de l’or basée dans le canton de Neuchâtel, a annoncé au mois de juin vouloir cesser toute activité dans le domaine de l’exploitation minière artisanale dans le monde et faire une croix sur la Colombie, après le Pérou en 2018.

Une victoire d’étape pour Christoph Wiedmer, codirecteur de cette organisation non gouvernementale (ONG) qui n’a pas ménagé ses efforts, comme d’autres, pour dénoncer les violations des droits humains dans la chaîne d’approvisionnement de l’or. «Nous avons constaté que notre campagne a contribué à rendre aussi les autres raffineries suisses plus prudentes dans leurs achats d’or. Nous avons gagné du respect et de la crédibilité.»

Respect et crédibilité: les deux faces d’une même médaille qu’obtiennent les ONG à chaque nouveau succès, même d’estime. Même si Metalor minimise le rôle des ONG dans sa décision. «Elles font leur travail et Metalor le respecte, glisse le porte-parole José Camino. Mais leurs informations ne sont pas toujours correctes.» C’est pourtant leurs compétences en termes d’expertise qui boulonnent leur statut de bêtes noires des patrons.

Finie l’image de trublions amateurs d’actions coups de poing, d’esclandres et de campagnes bruyantes. Les ONG ont changé de registre pour alerter l’opinion publique et faire pression sur les acteurs, même si elles gardent encore quelques vieux réflexes pour les bousculer. «Elles sont prises davantage au sérieux car elles posent les bonnes questions et aident les entreprises à mieux connaître leur chaîne de valeur», appuie Antoine Mach, directeur de Covalence, une agence de notation sur les critères environnement,  social et gouvernance à Genève. Suite…

Source: La Liberté / Le Courrier

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