Finance durable: le vent des assemblées citoyennes souffle sur les caisses de pension
CHRONIQUE. Soumises à des pressions croissantes concernant leurs investissements, les institutions de prévoyance suisses pourraient s’inspirer d’une récente expérience démocratique menée aux Pays-Bas
Les caisses de pension sont des acteurs financiers d’importance, détenant autour de 20% du capital des sociétés cotées en bourse. Elles ont aussi grandement contribué à l’essor de la finance durable ces vingt dernières années, adoptant des politiques d’investissement responsable et d’engagement actionnarial. Par leur nature collective, elles représentent, réellement ou potentiellement, une courroie de transmission entre aspirations citoyennes et gouvernance globale. Comme le montre l’actualité récente, le rôle extra-financier des caisses de pension est de plus en plus discuté.
Lors des élections locales tenues au printemps 2026 en Grande-Bretagne, cette question a figuré parmi les thèmes de campagne. A droite, Reform UK a appelé les caisses de pension à se concentrer sur leur mission première – le paiement des retraites – et à réduire leurs programmes d’investissement responsable à connotation woke. A gauche, le Green Party a au contraire appelé les institutions de prévoyance à sortir du capital de sociétés jugées complices de violations du droit international dans le cadre du conflit israélo-palestinien.
Les caisses de pension sont soumises à un devoir fiduciaire: elles doivent agir dans l’intérêt de leurs bénéficiaires (assurés et retraités). Leur modèle de gouvernance intègre généralement des représentants de l’employeur et des employés.
Cependant, cette structure paritaire ne permet pas de connaître précisément l’opinion des bénéficiaires quant à la politique de placements de l’institution. C’est pourquoi Detailhandel, le fonds de pension des employés du commerce de détail des Pays-Bas, vient de mener une expérience innovante et passionnante. Suite…
Source: Covalence / Le Temps